


temps de lecture 9 minutes
tiré du livre “COMMENT JE VOIS LE MONDE”
QUEL SENS A LA VIE ? Ma vie a-t-elle un sens ? La vie d’un homme a-t-elle un sens ? Je peux répondre à ces questions si j’ai l’esprit religieux. Mais à « poser ces questions a-t-il un sens ? » je réponds : « Celui qui ressent sa propre vie et celle des autres comme dénuées de sens est fondamentalement malheureux, puisqu’il n’a aucune raison de vivre. »
COMMENT JUGER UN HOMME ? Je détermine l’authentique valeur d’un homme d’après une seule règle : à quel degré et dans quel but l’homme s’est libéré de son Moi ?
A QUOI BON LES RICHESSES ? Toutes les richesses du monde, fussent-elles entre les mains d'un homme totalement acquis à l'idée de progrès, ne permettront jamais le moindre développement moral de l'humanité. Seuls, des êtres humains exceptionnels et irréprochables suscitent des idées généreuses et des actions sublimes. Mais l'argent pollue toute chose et dégrade inexorablement la personne humaine. Je ne peux comparer la générosité d'un Moïse, d'un Jésus ou d'un Gandhi et la générosité d'une quelconque fondation Carnegie.
COMMUNAUTÉ ET PERSONNALITÉ Quand je réfléchis à mon existence et à ma vie sociale, Je découvre clairement mon étroite dépendance intellectuelle et pratique. Je dépends intégralement de l'existence et de la vie des autres. Et je découvre ma nature semblable en tous points à la nature de l'animal vivant en groupe. Je mange un aliment produit par l'homme, je porte un vêtement fabriqué par l'homme, j'habite une maison construite par lui. Ce que je sais et ce que je pense, je le dois à l'homme. Et pour les communiquer j'utilise le langage créé par l'homme. Mais que suis-je réellement si ma faculté de penser ignore le langage ? Sans doute je suis un animal supérieur mais sans la parole la condition humaine se découvre pitoyable.
Je reconnais donc mon avantage sur l'animal dans cette vie de communauté humaine. Et si un individu se voyait abandonné à sa naissance, il serait irrémédiablement un animal en son corps et en ses réflexes. Je peux le concevoir mais je ne puis l'imaginer.
Moi, en tant qu'homme, je n'existe pas seulement en tant que créature individuelle, mais je me découvre membre d'une grande communauté humaine. Elle me dirige corps et âme depuis ma naissance jusqu'à ma mort.
Ma valeur consiste à le reconnaître. Je suis réellement un homme quand mes sentiments, mes pensées et mes actes n'ont qu'une finalité : celle de la communauté et de son progrès. Mon attitude sociale déterminera donc le jugement qu'on porte sur moi, bon ou mauvais.
Mais cette constatation primordiale ne suffit pas. Je dois reconnaître dans les dons matériels, intellectuels et moraux de la société, le rôle exceptionnel, perpétué par d'innombrables générations, de certains hommes créateurs de génie. Oui, un jour, un homme utilise le feu pour la première fois, oui, un jour il cultive des plantes alimentaires, oui, il invente la machine à vapeur.
L'homme solitaire pense seul et crée des nouvelles valeurs pour la communauté. Il invente ainsi de nouvelles règles morales et modifie la vie sociale. La personnalité créatrice doit penser et juger par elle-même car le progrès moral de la société dépend exclusivement de son indépendance. Sinon la société est inexorablement vouée à l'échec, comme l'être humain privé de la possibilité de communiquer.
Je définis une société saine par cette double liaison. Elle n'existe que par des êtres indépendants mais profondément unis au groupe. Ainsi quand nous analysons les civilisations anciennes et que nous découvrons l'épanouissement de la culture européenne au moment de la Renaissance italienne, nous reconnaissons le Moyen Age mort et dépassé, parce que les esclaves s'affranchissent et que les grands esprits arrivent à exister.
Aujourd'hui que dirai-je de l'époque, de l'état, de la société et de la personne humaine? Notre planète connaît une population prodigieusement accrue, si je la compare aux chiffres du passé. Ainsi l'Europe accueille trois fois plus d'habitants qu'il y a un siècle. Mais le nombre de personnalités créatrices a décru. Et la communauté ne découvre plus ces êtres dont elle a essentiellement besoin. L'organisation mécanique s'est substituée partiellement à l'homme novateur. Celte transformation s'opère évidemment dans le monde technologique mais déjà dans une proportion inquiétante dans le monde scientifique.
L'absence de personnes de génie se remarque tragiquement dans le monde esthétique. Peinture et musique dégénèrent et les humains sont moins sensibles. Les chefs politiques n'existent pas et les citoyens négligent leur indépendance intellectuelle et la nécessité d'un droit moral. Les organisations communautaires démocratiques et parlementaires privées de ces fondements île valeur sont décadentes en de nombreux pays. Alors paraissent les dictatures, Et elles sont tolérées parce que le respect de la personne et le sens social sont moribonds ou déjà morts.
N'importe où, en quinze jours, une campagne de presse peut exciter une population incapable de jugement a un tel degré de folie que les hommes sont prêts à s'habiller en soldats pour tuer et se faire tuer. Et des êtres malfaisants accomplissent ainsi leurs buts méprisables. La dignité de la personne humaine est irrémédiablement avilie par l'obligation du service militaire et notre humanité civilisée souffre aujourd'hui de ce cancer. Ainsi les prophètes commentant ce fléau ne cessent d'annoncer la chute imminente de notre civilisation. Je n'appartiens pas à ces futurologues d'Apocalypse. Car je crois en un avenir meilleur et je vais justifier mon espérance.
La décadence actuelle révèle à travers les foudroyants progrès de l'économie et de la technique, l'ampleur du combat des hommes pour leur existence. L'humanité y a perdu le développement libre de la personne humaine. Mais ce prix du progrès correspond aussi à une diminution de travail. L'homme satisfait plus vite les besoins de la communauté. Et la répartition scientifique du travail devenue impérative, sécurisera l'individu. Donc la communauté va renaître. J'imagine les historiens de demain interprétant notre époque. Ils diagnostiqueront les symptômes de maladie sociale comme la preuve douloureuse d'une genèse accélérée par les brusques mutations du progrès. Mais ils reconnaîtront une humanité en marche.
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