Jean-Marc Mantel

Amour et méditation

Amour et méditation

Psychologie

5 janv. 2026

temps de lecture 8 minutes

Tiré de: Au cœur de l’impensable

Tel un musicien qui cherche la parfaite harmonie, la nature propre de l'être cherche la juste expression de ses qualités. Fluidité, transparence et présence résonnent comme les signes de l'amour qui se révèle.

Amour et méditation sont indissociables. La quiétude du corps et de l'esprit lève les obstacles à l'expression de l'amour. Le corps et la personnalité apparaissent comme des outils dont la pureté permet le plein rayonnement d'un amour qui cherche une expression sans frein.

La méditation, telle une vibration silencieuse, irradie.

L'absence d'un moi qui contrôle laisse la place libre à une présence qui transcende la forme.

Notre vécu ordinaire est fragmentaire et divisé. Partant de la conviction que nous sommes ce que nous voyons, le corps mental, la peur est d'emblée présente : peur de la mort de cette identité que nous sommes persuadés être, peur de perdre ce que nous croyons posséder, peur de ne pas obtenir ce que nous désirons.

La méditation est avant tout un art de l'observation: observation sans tension, sans a priori, jugement ou conclusion. A travers ce regard, l'ensemble de notre fonctionnement apparait tel un ensemble d'objets qui seraient posés sur la table.

Tout d'abord, examinons la pensée Je. La plupart des pensées qui apparaissent face au regard sont centrées sur la pensée Je. J'ai été, je serai, je suis. Le Je est porteur d'une qualification : je suis ceci, je suis cela. L'identification au contenu de la pensée est complète. Aucun doute n'existe sur la nature de ce que nous sommes. Un choc, une situation imprévue, une souffrance sans remède apparent, vont remettre en cause ce système de croyances. Si la conviction qu'un remède à la portée existe, ce remède est tout d'abord essayé : médicaments, aliments, sexe, relations... Ces tentatives d'échapper à la souffrance sont généralement efficaces quelque temps, mais inexorablement la sensation de manque et de vide réapparaît. Ce n'est que lorsque les issues sont bloquées, ou apparaissent inefficaces, que la pression est suffisante pour qu'un renversement du regard puisse se produire.

Vient alors l'interrogation essentielle sur la nature du Je. Quel est ce Je qui se plaint d'être content ou mécontent, satisfait ou insatisfait ? Qui suis-je ? Le regard se tourne alors vers l'intérieur. Un espace vide, vacant et silencieux est appréhendé. Toutes les interrogations se résolvent dans le silence, au sein duquel nulle forme ne peut être saisie. Ce silence serait-il la réponse ? La nature de ce que je suis est-elle contenue en son sein ? Si aucune tentative mentale n'est faite de répondre hâtivement à cette question, le silence est alors côtoyé. Il devient comme la seule réponse plausible à toute quête et toute question essentielle. La question elle-même se résorbe dans son omniprésence. Le mouvement des pensées se suspend. L'attente et l'attention, portées à leur comble, deviennent une expression d'un silence conscient de lui-même. Le corps finit par trouver son repos dans cet espace sans limite.

La méditation, comprise comme une investigation sur la nature du moi, devient alors comme une introspection subtile qui démantèle le jeu des projections mentales. Passé et futur apparaissent comme des images qui trouvent leur source dans la lumière du Je. La juste prononciation du Je amène la dissolution du Je suis ceci.

Sans forme, sans qualité, sans avenir et sans passé, je suis.

Telle est le cœur de toute méditation. Toutes les pratiques spirituelles dites méditatives amènent tôt ou tard à réaliser l'irréalité du moi et l'omniprésence du Je.

Une vision impersonnelle se substitue à une vision personnelle.

Le moi est vu dans sa globalité par un regard situé en arrière-plan.

Tout est mouvance, hormis ce qui voit. L'unité avec ce qui voit et la dissolution de ce qui est vu est réalisation. Le but devient absence de but.

Rien d'autre n'existe que ce qui est.

La perspective du vide est indissociable de la conscience du plein.

L'absence de la projection d'un Je apparaît comme un vide.

Mais ce vide se réfère à un connaisseur. Le connaisseur n'est pas le connu.

Il est ce qui connaît.

La main ne peut se saisir elle-même.

Il en est de même avec le Je qui voit, mais ne se voit pas, étant ce qui voit.

Lorsque nous approchons le corps à travers une écoute sensible, le corps apparaît comme un ensemble de sensations.

Des tensions sont objectivées.

L'écoute silencieuse de ces tensions amène leur résorption.

Ce qui reste est espace, tranquillité.

Un corps vidé de la personnalité n'est pas un corps vide. Il est un corps plein, habité et sensible.

C’est ainsi qu'il est possible de comprendre par l'expérience que le vide amène au plein.

Vide du moi, plein de ce qui est en arrière-plan du moi.

Voyons d'abord que nos relations s'accompagnent de peurs, colères et tensions. Observons cette sensation de manque qui est à la base de l'attente.

Objectivons la comme une tension exprimée au niveau corporel.

Laissons la tension se résorber à travers une écoute aimante et non sélective.

Lorsque la tension est dissoute, la sensation de solitude et de séparation disparaît.

De ce point de vue, qui est celui de la tranquillité elle-même, les relations apparaissent sous un jour nouveau.

L'autre est objet de perception qui se résorbe en moi, par ce seul regard voyant.

La solitude du regard est totale. Elle n'est pas partageable.

En elle gît la plénitude.

Libre de moi et libre de l'autre, ne restent qu'amour, silence et présence.

L'amour se rencontre lui-même et ne connait rien d'autre que lui-même.

Celui qui cherche à faire n'est pas différent de celui qui contrôle.

Le réflexe de contrôle reflète une incapacité à l'abandon.

La vision qu'il n’y a rien à contrôler amène un lâcher-prise.

Le corps et le mental cessent de tenter de saisir.

Ce mouvement d'abandon est une ouverture à la grâce.

La grâce n'est pas le fruit d'un effort, mais le reflet de votre absence.

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